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Wednesday, April 19, 2017

La véritable raison de la semaine de travail de 40 heures et pourquoi nous sommes des esclaves économiques

La véritable raison de la semaine de travail de 40 heures et pourquoi nous sommes des esclaves économiques


Le 11 avril 2017 12:29:00 

 (Puissions-nous, les Gardiens économiques de l’Humanité, susciter un nouveau paradigme, supprimer la dette et la servitude, restaurer l’humanité dans la paix et l’amour).

Par EV

L’esclavage économique, ou l’esclavage salarial, se réfère à la dépendance totale et immédiate du salaire pour survivre. Bien que les gens au cours de l’histoire aient toujours dû travailler pour vivre, nous vivons actuellement dans une culture qui nous a incité à croire que nous avions une liberté économique, alors qu’à l’insu de la plupart des citoyens, nous sommes en fait liés par la servitude. Nous acceptons automatiquement une semaine de travail de 40 heures avec le maigre salaire horaire qui est la norme, même si beaucoup de gens font des heures supplémentaires tout en luttant toujours pour survivre. Il y a aussi ceux qui gagnent assez pour vivre confortablement mais qui ne peuvent pas faire moins d’heures – ou bien vous travaillez 40 heures par semaine, ou vous ne travaillez pas du tout. Nous y sommes soumis lorsqu’on nous dit quels vêtements porter, quand nous devons commencer et terminer le travail, quand nous sommes autorisés à la pause déjeuner et même quand nous avons la permission d’utiliser les toilettes. Comment en sommes-nous arrivés là ?

La semaine de 40 heures a été instaurée durant la Révolution Industrielle en Grande-Bretagne lorsqu’on en était arrivé au point où les travailleurs qui faisaient des journées de travail de 10 à 16 heures ont commencé à protester. Les conditions de travail des Américains commençaient également à empirer et en 1836, les publications du mouvement ouvrier en appelaient également à une semaine de 40 heures. Les citoyens se trouvant dans ces deux cas étaient tellement surmenés que la journée de huit heures a été facilement acceptée. Ce système est désormais inutile, à supposer qu’il n’ait jamais été utile, mais nous continuons à l’accepter en raison des effets de notre société capitaliste.

Il y a de nombreux facteurs qui ont contribué à notre système économique actuel et au fait qu’on continue d’accepter la semaine de 40 heures, les trois principaux étant la grande consommation, l’inflation et la dette. Tout d’abord, il est important de comprendre exactement ce qu’est l’inflation, comment elle fonctionne et comment elle mène à la dette.

L’Inflation :

Pour définir simplement l’inflation, disons que le gouvernement des Etats-Unis a besoin d’argent pour entrer en guerre peu importe celle qui a été décidé. Il demande un prêt à la Banque de la Réserve Fédérale, et celle-ci accepte d’acheter des obligations (des sortes d’IOU – je vous dois) du gouvernement, du montant de l’emprunt demandé. Le gouvernement des États-Unis fait imprimer alors beaucoup de papier intitulé « Obligation du Trésor » pendant qu’en parallèle la Banque de la Réserve Fédérale imprime des petites coupures en papier que nous appelons de la monnaie. Une négociation est conclue entre le gouvernement et la Banque de la Réserve Fédérale – les obligations contre l’argent – et le gouvernement des Etats-Unis dépose cet argent fraîchement imprimé dans une banque différente, qui à son tour prélève sa part sous forme de frais et d’intérêts. Et voilà, de la monnaie fiduciaire qui a été créée à partir de rien.



Bien que ce processus se déroule désormais sous une forme électronique (seuls 3% de la monnaie existent sous forme physique, les 97% restants n’existent que dans des ordinateurs), peu importe, le problème de toute façon, c’est que cela diminue la valeur du dollar. Il fut un temps où la devise valait de l’or. C’est ce qui conférait sa valeur à l’argent, mais aujourd’hui la valeur de la monnaie est du ressort de la Banque de la Réserve Fédérale qui n’a aucune censure morale à la baisse de valeur en imprimant toujours plus d’argent (qui n’est au fond qu’une contrefaçon légale). En ce qui concerne le coût d’impression, la Réserve Fédérale crée de la monnaie que le gouvernement des Etats-Unis a promis de rembourser - de la monnaie qui n’existait même pas au départ.

Cela fonctionne de la même manière pour les prêts des banques privées aux citoyens. Chaque fois qu’une transaction de ce genre est conclue, cela réduit la valeur de la monnaie existante, et donc nous avons de l’inflation. Un dollar de 1913 (date de création de la Réserve Fédérale) équivaut à 21,60 dollars de 2007 pour la même valeur. Cela représente une dévaluation de 96% depuis que la Banque de la Réserve Fédérale existe. Comment cela conduit-il à l’esclavage économique ? Par la dette que l’inflation a provoquée. 

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Création de monnaie comparée au pouvoir d’achat du Dollar

Dette :

Etant donné que l’argent est créé par emprunt, cela signifie qu’il est créé par la dette. Monnaie égale dette, et dette égale monnaie. Donc plus il y a de monnaie en circulation, plus il y a de dette, et vice-versa. Cela signifie, que si d’aventure le gouvernement et chaque citoyen endetté était capable de rembourser ces emprunts, il n’y aurait pas un seul dollar en circulation.

Les intérêts jouent également un rôle important dans cette équation. Lorsque vous contractez un emprunt et que la banque vous donne de l’argent qui techniquement n’existe pas, ils s’attendent à ce que vous leur payiez en plus des intérêts. Si l’argent prêté provient de la Banque Réserve Fédérale, d’où est-ce que l’intérêt est censé provenir ?

La réponse est : de nulle part.

Cela signifie que quoiqu’il en soit, la nation ne sera jamais capable de se libérer de sa dette, et c’est exactement l’objectif de ce système soigneusement orchestré. Comme on jette une pièce pour tirer au sort, quelqu’un quelque part fera toujours faillite pour compenser les intérêts qui doivent être payés avec encore plus de dette. Et c’est ainsi, qu’au fur et à mesure que la nation continue de sombrer dans le fossé pendant que le coût de la vie ne cesse d’augmenter, survivre dans l’économie devient de plus en plus difficile. Ce désespoir de survivre, associé au fait que nous sommes nés dans ce système, est ce qui finalement nous amène à accepter la semaine de 40 heures sans y réfléchir.

Donc maintenant nous comprenons le facteur qui nous contraint d’accepter notre sort, mais comment la semaine de 40 heures bénéficie-t-elle aux banques et aux entreprises ? Après tout, les études montrent que l’employé de bureau moyen ne travaille que moins de trois heures dans une journée de 8 heures, et selon les rapports, les profits des entreprises américaines ne font qu’augmenter pendant que les salaires ne font que baisser. Les chiffres du Bureau des Statistiques de l’Emploi montrent que la productivité a augmenté à un taux annuel de 2,3 pourcent au cours du troisième trimestre, alors que le salaire horaire n’a augmenté que de 1,3 pourcent sur la même période, et cela a été le modèle de base pendant une certaine période – cela se cumule dans le temps. Les profits des entreprises sont à leur plus haut niveau depuis au moins 85 ans, donc pourquoi ne sommes-nous pas mieux payés, ne travaillons-nous pas moins, et n’y a-t-il pas davantage d’emplois pour ceux qui en ont besoin ? Cela nous amène au consumérisme.

Consumérisme :

Le consumérisme est défini par le dictionnaire Merriam-Webster comme : la croyance selon laquelle il est bon pour les gens de dépenser beaucoup d’argent pour des biens et des services. Il y a une époque où cette croyance a pu être vraie en apparence, mais avec le système capitaliste actuel et le coût de la vie, le consumérisme a commencé par produire des effets négatifs sur notre société, particulièrement si vous tenez compte de l’inflation et de la dette croissante. Plus nous achetons, plus nous engraissons les multinationales et les banques qui à leur tour nous poussent à l’esclavage économique.

Depuis les années 1800 et la Révolution Industrielle, les « consommateurs » ont dépensé de plus en plus d’argent en dépenses inutiles. Cette surconsommation a été encouragée et alimentée par les multinationales et en utilisant le mercantilisme (l’attitude ou les comportements de gens qui sont trop fortement influencés par le désir de gagner de l’argent ou d’acheter des biens de préférence à d’autres valeurs – selon le Merriam-Webster). Des suggestions psychologiques ont été imprégnées dans le subconscient de la société durant des générations par la publicité, ce qui a conduit à certaines habitudes et croyances. En voici quelques exemples :

« Achetez maintenant payez plus tard »
- La General Motors Acceptance Corporation (GMAC) (la « banque de General Motors ») a commencé à diffuser cet état d’esprit lorsqu’elle a été fondée en 1919 pour promouvoir l’obtention de crédit aux gens souhaitant acheter des voitures. Les Américains ont alors commencé à utiliser les nouveaux systèmes de crédit sur à peu près tout.

« Rivaliser avec vos voisins » - Considéré communément comme le début de la culture de la grande consommation américaine, cet état d’esprit a commencé lorsque GM a introduit le changement de modèle automobile annuel. Les gens voulaient avoir le modèle le plus récent chaque année, et cette idée s’est aussitôt propagée. La plupart d’entre nous, que nous l’admettions ou non, sont habitués à cette mentalité. Plutôt que de garder notre vieux grille-pain qui fonctionne parfaitement, nous voulons avoir le nouveau modèle de style rétro en acier inoxydable parce qu’il fait super chic sur le plan de travail de notre cuisine.

« Dépression et Guerre entre 1929 et 1945 » - Peu après la Grande Dépression, la Deuxième Guerre Mondiale a commencé », au cours de laquelle les annonceurs publicitaires ont promis que les produits seraient disponibles lorsqu’il y aurait la paix. En conséquence, les clients (consommateurs) étaient impatients de dépenser immédiatement après la fin de la guerre.

« Paix » - Lorsque la guerre a pris fin, l’optimisme des consommateurs et la croissance économique ont accompagné la victoire.

« Prenez la carte ! » - Les cartes de crédit ont d’abord été promues par le Diners Club – une société de carte de crédit au service des grands voyageurs fortunés du monde entier. D’autres sociétés de crédit ont pris la relève et ont commencé à faire de la publicité pour leurs cartes de crédit comme « dispositif permettant de gagner du temps » plutôt que comme moyen de dépenser de l’argent qui n’existait pas encore. 

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 « Plus c’est mieux » - Au cours des années 1970, les multinationales ont commencé à envoyer massivement des cartes de crédit aux gens qui n’en avaient pas demandé. Alors que l’idée que « plus c’est mieux » avait déjà fait son chemin parmi les Américains, l’explosion de l’offre en cartes de crédit a fini par exploiter cette idée. Désormais les gens disposaient des moyens d’acquérir des articles extravagants qu’ils ne pouvaient s’offrir auparavant, même si beaucoup d’entre eux se retrouvaient endettés jusqu’au cou. Le Congrès a dû rapidement réglementer l’explosion des cartes de crédit, afin d’interdire d’envoyer des cartes à ceux qui n’en avaient jamais demandé.

Des entreprises dans de multiples secteurs sont en grande partie responsables du penchant du public à dépenser son argent sans compter, et elles encouragent autant que possible cette habitude de dépenser de l’argent pour des biens de confort ou non-essentiels. Par exemple, dans le documentaire The Corporation, une psychologue en marketing a décrit la méthode qu’elle utilisait pour augmenter les ventes, qui consistait à encourager les enfants à quémander à leurs parents pour qu’ils leur achètent des jouets. Les études ont montré que 20% à 40% des achats de ce genre sont la conséquence du fait que les enfants ont harcelé leurs parents.

« Vous pouvez manipuler les consommateurs pour leur donner envie, et donc acheter vos produits. Ce n’est qu’un jeu ». Lucy Hugues, co-créatrice du « The Nag Factor » (Le facteur de harcèlement).

La semaine de 40 heures est l’outil ultime des multinationales pour maintenir cette culture de la surconsommation. Compte tenu de nos conditions de travail actuelles, les gens sont obligés de faire leur vie le soir et durant leurs jours de congés. Nous nous sentons plus incités à passer notre temps en distractions et agréments divers parce que nous avons rarement du temps de libre. Quand nous avons du temps pour nous, il passe vite, et nous nous retrouvons à négliger les activités de loisirs qui sont gratuites – faire de la marche, de l’exercice, lire, méditer, faire du sport, pratiquer des passe-temps, etc. – parce qu’elles prennent trop de temps.

Alors que pour certains, gagner de l’argent supplémentaire se fait aux dépens du temps disponible pour soi, d’autres non seulement se voient privés de leur liberté personnelle, mais ont du mal à joindre les deux bouts. Le consommateur « idéal » travaille à plein temps, gagne bien sa vie, se laisse aller pendant son temps libre, et arrive tout juste à boucler les fins de mois. Cependant, même ceux qui n’ont pas de salaire décent se retrouvent parfois à dépenser de petites sommes d’argent pour des biens non indispensables pour de mauvaises raisons – une tasse de café Starbucks par-ci, un cheeseburger de McDonald’s par-là, et ces dés à jouer duveteux sympathiques qui pendent à la lunette arrière de votre Honda Civic de 1993.

Peu importe par quel bout vous le prenez, nous sommes devenus une société de gens malheureux, indifférents et surmenés. Nous achetons des produits inutiles pour quelques moments de bonheur avant de nous ennuyer et de passer à autre chose. Nous ressentons le besoin de suivre les derniers trucs à la mode, ou de réaliser nos rêves d’enfant de ce que devait être une vie d’adulte. Nous dissimulons nos incertitudes, évitons d’aborder les problèmes, et remplaçons nos besoins psychologiques par des produits matériels. En limitant le temps libre de la société, les gens vont dépenser davantage pour leur confort matériel et se faire plaisir, et pour tout autre produit qui peut servir de soulagement s’il peut se l’offrir. 

Maintenir l’Amérique en mauvaise santé est devenu extrêmement profitable pour les affaires et jusqu’ici leurs efforts se sont révélés très fructueux. Notre société a été transformée en industrie alimentée par l’esclavage économique et le consumérisme est un facteur clef de ce système corrompu – sur lequel les gens ont une influence directe. Les consommateurs sont les seuls qui peuvent arrêter de consommer.

Sources :

Cain, David. True Activist. Le 7 décembre 2014. (http://www.trueactivist.com/your-lifestyle-has-already-been-designed-the-real-reason-for-the-forty-hour-workweek/)

Ethos. Dir. Pete McGrain. Cinema Libre Studio, 2011. Documentaire.

Graphique fourni par : (http://economagic.com/)

Jones, Shannon. World Socialist Web Site. Le 4 décembre 2014. (http://www.wsws.org/en/articles/2014/12/04/wage-d04.html)

Mt. Holyoke College Research Study. American Consumerism and the Global Environment. 2009. (http://www.mtholyoke.edu/~kelle20m/classweb/wp/index.html)

Zeitgeist : Addendum. Dir. Peter Joseph. GMP LLC, 2008. Documentaire.

Publié pour la première fois en 2015 et valant la peine d’être republié.

Cet article (The True Reason behind the 40-Hour Work Week and Why We Are Economic Slaves).



Traduction Patrick T rev Isabelle

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